
Taylor Swift, la chouchou country de nos voisins du sud, vient d’entrer dans une classe d’artistes (au nombre de 16) à part, comprenant entre autres Lil Wayne, 50 Cent et N*Sync. Eh oui, comme les experts de l’industrie l’avaient prédit, son troisième album, Speak Now, s’est vendu à plus d’un million de copies en une semaine seulement.
So what’s next for TayTay ? Récolter pas moins de 15 Grammys le 13 février prochain et ce, tout juste après avoir détruit sa propre chanson en direct sur les ondes de CBS avec sa voix fausse et incertaine de fillette prépubère. Déjà vu? Parce que le même scénario se répète chaque année. Au moins – je lui donne ça – elle a un talent incontestable pour écrire et composer des chansons accrocheuses… J’ai tout simplement hâte qu’elle en fasse profiter à un newcomer.
Mon autre prédiction ? Béatrice Martin, notre cœur de pirate sur deux pattes, récemment nommée Artiste québécois de l’année s’étant le plus démarqué hors Québec par l’ADISQ, se fraiera un chemin à la cérémonie des Grammys 2011 pour y accepter le premier trophée du Best French Album. En acceptant sa statuette de gramophone doré, elle profitera du moment pour déclarer la guerre à Swift au nom de Radio Radio.
Une chose est certaine : son siège à la cérémonie américaine honorant les meilleurs artistes de la musique ne lui coûtera pas une cent, un frais qui se démarque quelque peu de celui de la version québécoise des Grammy Awards. Ici, c’est plutôt la modeste somme de 200$ que paie chaque tête nominée pour assister au Gala de l’ADISQ ou, si vous préférez, au Gala d’Isabelle Boulay et autres musiques de matantes.
Alors que Taylor Swift est l’une des rares à encore pouvoir vendre des millions d’albums, la crise de l’industrie du disque rattrape le Québec peu à peu. Aussi récemment que la semaine dernière, deux maisons de disques importantes, GSI Musique (qui a été vendue) et Sphère Musique, ont pris la décision de collaborer dans le but de diminuer leurs dépenses en partageant, entre autres, des locaux. Résultat? Bien que rien ne soit encore officiel, des décisions seront prises et des artistes seront inévitablement « mis à la porte ».
Malgré des nouvelles de la sorte et de la baisse fulgurante des ventes d’albums (en oubliant pour un instant les trois albums de 70s recraché prosaïquement par Sylvain Cossette qui ont été certifiés Disques d’Or et Disques Platine), l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo cherche encore à gruger le peu d’argent que gagnent les artistes pour continuer à patauger confortablement ou, selon ses dirigeants, pour continuer à protéger les intérêts des artistes membres.
La solution pour ces artistes, dont les noms ne riment pas avec Sylvain Cossette, Ariane Moffatt ou Isabelle Boulay, est simple : se retirer de l’ADISQ et garder son cash! Le seul avantage de votre participation au Gala de l’ADISQ – la visibilité – n’est même plus garantie. Le 7 novembre au soir, le peuple québécois sera fort probablement plus intéressé d’en savoir plus sur le gars qui va embrasser plusieurs filles à Occupation Double que de savoir qui va gagner le même Félix pour la x-ième fois.